Le ministre de l’Economie Bruno Le Maire salue « une étape majeure » et « un succès important pour la France »

ÉCONOMIE – Lors de son allocution lundi soir, Emmanuel Macron a exprimé le souhait de venir en aide aux pays africains dans le cadre de la crise économique qui accompagne l’épidémie de covid-19, “en annulant massivement leur dette”.

Ce mardi 14 avril, la France a obtenu de ses partenaires dans le cadre du Club de Paris et du G20 un moratoire du service de la dette des pays les plus pauvres en 2020, mais pas d’annulation de leurs créances, a indiqué le ministre français de l’Economie Bruno Le Maire.

D’éventuelles annulations, souhaitées par le président Emmanuel Macron, n’interviendront qu’au cas par cas et dans un cadre multilatéral. Sur le service de cette dette qui représente un total de 32 milliards de dollars pour les 76 pays éligibles, dont 40 situés en Afrique sub-saharienne, la France a “obtenu le moratoire au niveau des créanciers bilatéraux (12 milliards) et des créanciers privés (8 milliards), soit un total de 20 milliards de dollars”, a précisé le locataire de Bercy lors d’une conférence téléphonique.

“Une étape majeure”

“Nous avons obtenu cela dans le cadre du Club de Paris et dans le cadre du G20 puisque la Chine a soutenu notre approche”, a-t-il précisé. Bercy a indiqué que c’était “la première fois qu’on arrivait à mettre ensemble le Club de Paris et les grands émergents du G20″.

“Il reste 12 milliards de créances multilatérales dont une grande part de la Banque mondiale. Nous souhaitons qu’elle se joigne aussi à ce moratoire”, a ajouté le ministre français de l’Économie en indiquant que “pour des raisons techniques, il y avait aujourd’hui encore un débat” au sein de cette institution.

Concernant les 12 milliards de créances bilatérales, ”ça représente pour la France un milliard d’euros de report de dettes”, a détaillé Bruno Le Maire. “Le président de la République a appelé hier à une annulation de ces dettes. Il faut bien voir que ce moratoire est déjà une étape majeure et un succès important pour la France et pour ses partenaires dans le cadre du Club de Paris et dans le cadre du G20”, a encore dit le ministre.

“Si dans certains États des plus pauvres de la planète il apparaît que la dette n’est pas soutenable (…) cela pourra nous conduire, comme l’a indiqué le président de la République, à une annulation de dette qui se fera donc au cas par cas et nécessairement dans un cadre multilatéral”, a-t-il précisé.